mercredi 12 septembre 2012

"L'austérité est un désastre" Joseph Stiglitz

Dans un grand entretien accordé à l'Humanité, le prix Nobel d'économie, ancien directeur de la Banque Mondiale, estime que l'Europe court à sa perte en menant des politiques d'extrême rigueur qui conduisent "à chaque fois à un échec"

"Notre système de marché ne fonctionne pas"
Joseph Stiglitz

Prix Nobel d'économie en 2001, ancien conseiller de Bill Clinton, Joseph Stiglitz dénonce une démocratie au service des plus riches (1%), où le principe d'un citoyen-une voix s'est transformé en un dollar-une voix, creusant de plus en plus les inégalités et affaiblissant la croissance.

Vous venez d'arriver en France en pleine polémique autour de l'affaire Bernard Arnaud. Qu'en pensez-vous ?
Joseph Stiglitz. C'est une expression très étonnante d'un manque de solidarité sociale. Quelqu'un comme lui a bénéficié de la communauté française, de la législation française pour réaliser tous ses bénéfices. Maintenant qu'il a fait son bien, il s'en va.

Dans votre essai, vous dénoncez les dégâts sociaux causés par la crise financière aux États-Unis. Vous écrivez notamment :"C'est donc désormais près d'un Américain sur six qui se trouve en situation de pauvreté." Pouvez-vous illustrer rapidement cette réalité ?
Joseph Stiglitz. Un Américain sur sept perçoit une aide sociale. En dépit de cette aide, 14% d'entre eux se couchent en ayant faim au moins une fois par mois. Non pas parce qu'ils font un régime, mais parce qu'ils ne peuvent pas se permettre d'avoir suffisamment de nourriture. Pour les pauvres, l'insécurité est énorme. Ne disposant pas de réserves, ils sont constamment au bord du précipice. Une voiture qui tombe en panne, la nounou qui tombe malade sont autant d'imprévus qui peuvent leur couter leur emploi.

Vous insistez également sur la perte de richesse des classes moyennes avec la crise...
Joseph Stiglitz. La plus grande partie de leurs biens étant constituée de leur habitation, avec la chute des prix de l'immobilier, la classe moyenne américaine a énormément perdu. De telle sorte que le niveau de richesses des familles est aujourd'hui le même qu'au début des années 1990. Durant les deux dernières décennies, toutes les augmentations de richesse sont allées tout en haut de l'échelle sociale.

Vous dénoncez les politiques qui ont été conduites depuis les années 1980, y compris celles d'Obama. Vous leur reprochez de privilégier les plus riches (1%) et d'avoir conduit à la grande récession. Est-ce votre manière d'intervenir dans la campagne ?
Joseph Stiglitz. Le choix est très réduit aux États-Unis. Même ceux qui critiquent Obama, qui pensent qu'il aurait du faire plus pour stimuler l'économie ou être plus dur avec les banques, n'ont d'autre choix que de le soutenir. Romney ( le candidat républicain-NDLR) est le candidat du 1%, insensible aux problèmes de société. Le milliardaire Warren Buffet déclarait vouloir payer au moins autant d'impôts que sa secrétaire. Romney ne dit rien de tel. Pis, la réforme fiscale qu'il propose consiste à diminuer davantage les impôts des plus riches (1%). Dans mon livre, je montre que la richesse de ces derniers ne vient pas de leur contribution à la société, mais de la rente qu'ils prélèvent sur les classes les plus pauvres. Ils n'ont pas inventé le transistor ou le laser, mais pris l'argent des autres. Romney reflète les abus et les excès de cette classe dirigeante.

Vous affirmez que l'inégalité coûte très cher et qu'elle rend nos économies inefficaces, pourquoi ?
Joseph Stiglitz. Premièrement, aux États-Unis, il n'y a pas d'égalité des chances. Les enfants pauvres ne peuvent pas exprimer leur potentiel, ce qui représente une perte de ressources humaines. Deuxièmement, le haut de l'échelle sociale dépense moins que ceux qui sont en dessous. Avec la crise et la chute du pouvoir d'achat des classes moyennes, la demande baisse. Le taux de chômage augmente, les salaires diminuent et les inégalités augmentent. Troisièmement, une grande partie des inégalités aux États-Unis et dans d'autres pays provient de la recherche de la rente. Les plus riches cherchent à faire de l'argent non pas en augmentant la taille du gâteau, mais en utilisant leur énergie pour avoir une part plus importante du gâteau. Les banques qui se sont mis à faire des prêts prédateurs ont affaibli en prenant l'argent en bas de l'échelle sociale pour le mettre en haut. Quatrièmement, une société qui fonctionne correctement doit réaliser des investissements, développer ses infrastructures, dépenser en recherche... Mais lorsqu'il y a beaucoup d'inégalités, le gouvernement ne fait pas ces investissements. Les riches n'ont pas besoin de transports en commun, ni de jardins publics par exemple.

Vous accusez fortement les banques et les banquiers d'être responsables de la crise, comment les ramener à la raison ?
Joseph Stiglitz. La seule façon est de les réguler pour qu'ils reviennent à leur métier. Une banque n'est pas un casino de Las Vegas ! Le métier d'une banque est de prendre l'épargne des citoyens et de la traduire en investissements qui vont créer de l'emploi et améliorer la situation économique. Aujourd'hui, il est toujours trop facile pour les banques, malgré les nouvelles réglementations, de faire de l'argent grâce à la spéculation, ou par la manipulation des marchés, comme dans le cas du Libor. Avec ce scandale, les banquiers ont créé un marché de 350 millions de milliards de dollars fondé sur des chiffres complètement faux, et on ne le sait que maintenant.

Les banques centrales, écrivez-vous, sont actuellement le bras armé des financiers. Pourquoi les politiques monétaires sont-elles si importantes ?
Joseph Stiglitz. Les marchés ne se régulent pas d'eux-mêmes. Parfois, ils ne produisent pas assez, ou il y a trop de demande, ce qui provoque de l'inflation, c'est pour cela qu'il faut réguler le niveau d'activité économique. Et l'un des instruments que nous avons, ce sont les politiques monétaires au travers des banques centrales. En cas de surplus de la demande, les banques centrales réduisent les flux du crédit ou augmentent les taux d'intérêt. À l'inverse, lorsque la demande est insuffisante, elles baissent les taux d'intérêt et tentent de fournir davantage de crédit. En Europe, lorsque l'euro a été créé, une grave erreur a été commise concernant le rôle de la banque centrale. Il a été indiqué qu'elle ne devait s'occuper que de l'inflation. Aux États-Unis, la FED, la banque centrale, se concentre sur l'inflation, mais aussi sur l'emploi, la croissance et la stabilité financière. La BCE se concentre sur un objectif extrêmement restreint, c'est pour cela qu'elle n'arrive pas à stabiliser l'économie européenne.

Comment expliquer l'acharnement à imposer des politiques d'austérité un peu partout, alors qu'elles sont injustifiables économiquement ?
Joseph Stiglitz. C'est pour moi un véritable mystère. Nous avons expérimenté de telles politiques d'austérité des dizaines de fois et, à chaque fois, cela a été un échec. En 1929, cela avait été le cas avec le président des États-Unis, Herbert Hoover, qui a transformé l'effondrement de la bourse en grande dépression. Plus récemment, le FMI a fait pareil dans le Sud-Est asiatique et en Argentine, et cela a été un désastre. La plupart des pays européens qui ont engagé des politiques d'austérité sont maintenant en récession : l'Espagne, la Grèce sont en dépression. Compte tenu de toutes ces expériences, la possibilité pour des politiques d'austérité de réussir parait minime. La plus forte probabilité est que l'économie cesse de croître, les recettes fiscales cessent d'augmenter, les dépenses sociales et le chômage continuent de croître et que, au final, les améliorations budgétaires espérées ne soient pas au rendez-vous.

Quels leviers permettraient de relancer l'économie mondiale ?
Joseph Stiglitz. Plusieurs choses pourraient y aider. Les pays qui ont une grande marge budgétaire, comme les États-Unis et l'Allemagne, pourraient stimuler davantage leur économie. L'accroissement de leurs importations, en retour, pourraient avoir un effet d'entraînement sur les autres pays. En ce qui concerne les États-Unis, d'autres facteurs peuvent intervenir. Nous devons, par exemple, nous occuper des problèmes du logement. La deuxième chose qui pourrait jouer serait de fixer un prix élevé pour les énergies fossiles. Cela pousserait les entreprises à investir pour rééquiper l'économie afin de faire face au problème du réchauffement planétaire. En ce domaine, les besoins d'investissements sont énormes. Pour moi, l'ironie de l'histoire est qu'on a sous-utilisé nos ressources. Il y a, d'un côté, des gens qui veulent travailler, du capital qui ne produit rien et, de l'autre, ces besoins énormes en matière d'environnement, de développement, de lutte contre la pauvreté. Cette réalité est la preuve que notre système de marché et notre système politique ne fonctionnent pas.

Ce que vous appelez la "grande récession" ne témoigne-t-il pas du fait que le libéralisme est entré en crise ?
Joseph Stiglitz. Clairement, la crise montre que l'idéologie de la dérégulation est erronée. Elle n'a pas été efficace économiquement, elle a provoqué un gâchis considérable des ressources, et son échec a coûté énormément à la société. La liberté laissée aux banquiers a obligé le reste de la société à payer leurs erreurs. De ce fait, ils ont rogné la liberté des autres. C'est une réalité qu'on a tendance à oublier : la liberté de quelqu'un peut être la non-liberté de quelqu'un d'autre.

Vous évoquez différentes formes d'inégalité : de revenus, de patrimoine, de formation... Mais n'y-t-il pas une autre forme d'inégalité particulièrement importante, l'inégalité de pouvoir, celle du citoyen mais aussi celle du salarié à l'entreprise, par rapport aux dirigeants et aux gros actionnaires ? Peut-on laisser les choix d'investissement des grands groupes au bon vouloir de ces derniers ou même de l'État ?
Joseph Stiglitz. Vous avez raison, l'inégalité économique n'est qu'une des dimension de l'inégalité. Une des thèses de mon livre est que l'inégalité économique provient de l'inégalité politique, qui elle même renforce l'inégalité économique. C'est inégalité économique et politique se manifeste dans beaucoup d'autres domaines de la société, dans la nature des investissements, des entreprises. Vous avez des compagnies pétrolières qui font des investissements sans s'occuper des coûts qu'ils vont imposer au reste de la société, que ce soit par le réchauffement durable ou, dans le cas de BP, par la pollution de la mer. Elles ont utilisé leur pouvoir politique pour bénéficier d'une immunité judiciaire. L'une des remarques critiques que je fais, c'est que la forme de capitalisme que nous connaissons aujourd'hui ne maximise pas le bien-être des gens. Les PDG s'occupent plus de leur bien-être que de celui de leur actionnaires. Ils font tout pour que le prix des actions monte parce qu'ils sont payés en stock-options. Ils manipulent les comptes. Par ailleurs, nombre d'actionnaires ont une pensée à court terme. Ils font tout pour pour maximiser le plus vite possible leurs bénéfices, plutôt que d'envisager une croissance à long terme. C'est aussi dû au fait que les marchés eux-mêmes fonctionnent davantage à court terme. Troisièmement, nous savons que, même lorsque les dirigeants maximisent les bénéfices des actionnaires à long terme, cela ne veut pas dire que cela soit profitable pour le reste de la société.

Suffit-il qu'il y ait un "bon État"pour sortir de la crise ?
Joseph Stiglitz. C'est complexe car qu'entendez-vous par un "bon État" ? On peut avoir un État bien intentionné qui ne comprend rien à l'économie ou qui croit que l'austérité, ça fonctionne. Mais s'il met en oeuvre une politique d'austérité, aussi bien intentionné soit-il, il est probable que le résultat ne sera pas bon. D'un autre côté, si vous avez un État qui reflète l'intérêt des banquiers, on peut être certain qu'il sera incapable de sortir de la crise d'une manière qui sera profitable à la plupart des citoyens.

Êtes-vous solidaire des forces progressistes qui se battent contre l'adoption d'un pacte budgétaire dans les pays de la zone euro ?
Joseph Stiglitz. Je pense qu'il y a un diagnostic totalement erroné du problème européen. L'attention est concentrée sur la Grèce. Celle-ci a trop dépensé. L'Espagne, l'Irlande avaient des surplus avant la crise et même si ces pays n'avaient pas de déficit, cela n'aurait pas réglé les problèmes de l'Europe. Si celle-ci en a, c'est parce que les banques n'étaient pas et ne sont pas suffisamment régulées. L'Europe a créé un système instable. C'est un des exemples de l'erreur fondamentale du système européen et ce n'est pas le pacte budgétaire qui résoudra les problèmes. Dans le contexte actuel, ce pacte imposerait plus d'austérité, une moindre croissance. Les dirigeants européens disent :" il faut restaurer la confiance", mais ils ne comprennent pas que le problème sous-jacent, auquel l'Europe fait face, c'est qu'eux-mêmes torpillent la croissance.
Entretien réalisé par Pierre Ivorra et Clotilde Mathieu ( traduction : Michel Zlotowski)

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jeudi 3 mai 2012

Éditorial de Denis Sieffert dans Politis du 3 mai 2012


Par Denis Sieffert - 3 mai 2012

Tourner la page !

Avouons-le : en d’autres temps, face à un candidat de centre-droit, un Bayrou mou par exemple, le vote Hollande ne serait peut-être pas évident pour toute la gauche. On pourrait même ressortir de sa naphtaline le fameux « bonnet blanc et blanc bonnet », cher jadis au communiste Jacques Duclos. On se souvient que l’heureuse formule avait été popularisée en 1969 pour railler le titanesque affrontement Poher (le Méhaignerie de l’époque)-Pompidou. Une eau tiède coulait sur la France convalescente de Mai 68. On en serait au même point aujourd’hui si l’un des deux protagonistes n’était pas Nicolas Sarkozy.
Car, disons-le tout de suite, rien dans le discours de François Hollande ne nous laisse espérer une rupture avec la politique libérale qui mène l’Europe à la faillite. Rien ne nous permet de croire que le chômage, qui vient d’atteindre le chiffre record de 4,3 millions, va cesser d’augmenter. Pas même des mesures sans aucun doute utiles, comme la création de 60 000 postes dans l’Éducation nationale, ou le « contrat de génération ».
La crise est si profondément systémique que c’est bien le système qu’il faudrait remettre en cause. À tel point que le mot « crise », qui suggère que tout cela n’est qu’un mauvais moment à passer, n’est d’ailleurs plus très pertinent. C’est un autre rapport social qu’il faut inventer, qui torde le coup au mythe de la croissance, et repose sérieusement la question du temps de travail  [1].
Nous n’avons donc pas besoin d’être déniaisés. Ni d’entendre les prédictions des Cassandre qui au premier conflit social avec le président « de gauche » nous lanceront un vengeur : « On vous l’avait bien dit. » Nous n’avons oublié ni le tournant libéral de 1983, ni la campagne de Mitterrand en faveur de Maastricht, en 1992, ni la ratification du traité d’Amsterdam par Lionel Jospin en 1997, ni l’abstention socialiste qui a permis l’adoption du traité de Lisbonne contre une majorité de Français en 2008. Mais le vote de dimanche prochain revêt un caractère tout à fait dramatique. Nous l’avons dit cent fois dans ce journal, et nous le démontrons cette semaine encore (voir l’article de Michel Soudais en page 6), la figure politique qu’incarne Nicolas Sarkozy se situe à la marge de la démocratie. L’homme est un aventurier capable de tous les coups tordus pour garder le pouvoir.
Honte d’ailleurs aux Raffarin et autres Kosciusko-Morizet, qui ne sont pas de ce bois-là, mais font campagne à ses côtés. Car, Sarkozy représente aujourd’hui la mainmise idéologique du Front national sur la droite française. Il a emprunté aux Le Pen et à la tradition de l’extrême droite la sordide technique du bouc émissaire. Il faut être frappé d’une étrange cécité pour ne pas voir la différence entre ce discours-là et celui de François Hollande. Sans même parler du projet social. À moins d’aborder la question avec la légèreté d’un jeu intellectuel, ou avec la posture d’un Narcisse, enivré de sa propre singularité. À moins encore d’être un adepte de la politique du pire, en espérant ainsi stimuler l’esprit de révolte chez des contemporains jugés assoupis.
Non, décidément, l’heure est trop grave pour céder à la pose. Car il y a bien plus que des relents de pétainisme dans le discours de Sarkozy. Croire que ce n’est là que tactique électorale, c’est sous-estimer le péril. Le cynisme du candidat-président n’explique pas tout. Le ministère de l’Identité nationale (à l’époque, nous avions nous-mêmes affiché le portrait de Pétain en une de Politis), le discours de Grenoble, en août 2010, stigmatisant les Roms, les meetings d’avant-premier tour exaltant la haine des syndicats, des corps intermédiaires, et un mépris pour la justice, tout cela, c’était avant le score de Marine Le Pen. L’hostilité à l’encontre des fonctionnaires « privilégiés » et des chômeurs « fainéants », aussi. Depuis, Sarkozy a ajouté son appel à une sulfureuse manifestation antisyndicale pour ce 1er mai, qui contient tous les ferments d’affrontements futurs. Il y a du février 1934 dans cette initiative. Rester sur son Aventin alors que l’occasion nous est donnée d’en finir avec ce personnage n’est pas, selon nous, une position défendable.
Bien entendu, il existe une objection que l’on doit entendre : Sarkozy lui-même ne vient pas de nulle part. La capitulation historique de la gauche social-démocrate devant la finance, dès le début des années 1980, n’est pas pour rien dans l’apparition de cette figure politique au cœur même de la droite parlementaire. Mais nul ne peut plus ignorer aujourd’hui ce que signifierait un deuxième quinquennat de Nicolas Sarkozy pour notre société tout entière et pour le mouvement social. C’est donc la responsabilité de chacun de tourner la page.
[1]  Il faut lire, sur ce sujet notamment, le petit livre de Pierre Larrouturou C’est plus grave que ce qu’on vous dit… mais on peut s’en sortir !, Nova éditions, 3 euros.

On lâche rien !

Ma maman qui a 86 ans m’a envoyé un mail (parfaitement !) pour me dire qu’elle n’avait pas envie de voter dimanche et pour me demander ce que j’en pensais. Je lui ai vite répondu qu’il est très important de virer Sarkozy, ce bandit, ce menteur, ce voleur, si possible en lui mettant une bonne raclée et qu’on s’occupera ensuite de Hollande, pour qu’il nous mène une vraie politique de partage, de justice, de solidarité.
Comme elle a toujours aimé Jean Ferrat et ses chansons, je lui ai envoyé "Ma France", paroles et chanson, accompagnée de la belle et triste lettre de Philippe Torreton. Sur son blog, on propose aussi maintenant, si la France a bien voté dimanche, de chanter tous en chœur « Ma France » !


On peut se moquer de moi : je m’étais dit que je ne voterais pas pour Hollande – blanc bonnet, bonnet blanc – et me voilà qui change d’avis ! Oui, car il y a des priorités dans la vie. La première priorité, c’est « Sarkozy, dégage ! ».
Pour convaincre ma mère, j’aurais pu aussi lui envoyer l'article de l'ex-patronne d'AREVA, Anne Lauvergeon, qui dit : «La mise en place d'un clan au sommet de l'Etat a orienté des décisions contraires aux intérêts stratégiques de la France». Et ce ne sont pas les affaires « présumées » qui manquent.
La deuxième priorité, c’est « Hollande, attention !». Les citoyens, les républicains veillent et proposent ardemment de "changer la donne", comme ce collectif Roosevelt 2012 qui proclame obstinément : "Nous ne voulons pas mourir dans les décombres du néolibéralisme !"

On lâche rien !


L'heure est venue des Bâtisseurs de la République sociale et solidaire, de l'Europe sociale et solidaire.
Le Front de Gauche est toujours là et résolu ! Il était déjà avec les travailleurs et les syndicats le 1er mai et encore au meeting place Stalingrad à Paris vendredi 04 mai 2012 à 18:30.

«La poussière du combat n’est pas retombée, il n’est pas terminé»

Les photos du 1er mai à La Rochelle, par notre grand reporter Martial Souchard :


Et s’il te faut encore un argument, maman, écoute François Morel qui parle à son papa avec son talent habituel !

Merci à tous ceux qui ont enrichi cet article grâce à leurs apports : ils se reconnaitront...

lundi 16 avril 2012

Dans la brèche


L'édito de François Delapierre.
Directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon.


Après le séisme de la Bastille, les répliques se multiplient. À Toulouse une foule tout à fait hors normes a débordé de la Place du Capitole, envahissant rues et places environnantes et se massant devant les écrans relais qui y étaient disposés. Un torrent populaire s'est engouffré par la brèche ouverte dans le jeu verrouillé de la Cinquième République. Les commentateurs paniqués s'efforcent de colmater leur décor vacillant en rangeant le candidat du Front de Gauche dans de vieilles cases bien délimitées. C'est Georges Marchais pour les uns, Mitterand pour les autres... C'est la marque d'un ordre qui meurt que d'être incapable de voir ce qui est en train de naître. S'ils ne peuvent comprendre la nouveauté du Front de Gauche, ils sont également muets devant le surgissement populaire qui s'opère. "Phénomène", "démonstration de force"... même élogieux, les qualificatifs journalistiques ramènent le processus d'insurrection civique à une campagne bien menée. Or ce qui est radicalement nouveau, c'est justement que ce mouvement ne se résume pas à un fait électoral. Ni par son objet qui ne se réduit pas à changer de président. Ni par sa portée puisqu'il ne s'arrêtera pas au soir du vote. Alors si l'on doit chercher des analogies historiques, c'est plutôt du côté de la victoire du Front Populaire qu'il faut regarder, quand le capitalisme tremblait sur ses bases et que le succès dans les urnes a immédiatement rebondi dans la grève générale.


Quant au peuple rassemblé, le voici réduit à une réunion de militants, de "supporters" voire "d'adeptes", sidérés par le tribun comme des mouches par la lumière d'une lampe. Ne nous énervons pas ! L'arrogance des puissants est finalement une bonne nouvelle. Elle les perdra ! Une présentatrice interroge ainsi Mélenchon en s'étonnant qu'il soit le seul intervenant dans ses meetings... alors que tous comptent au moins trois prises de paroles. Elle insiste car elle le croit dur comme fer. C'est forcément vrai puisque c'est transcrit dans un journal ! Les voilà victimes de leurs propres bobards. C'est un tout petit détail. Mais il fait éclater aux yeux des centaines de milliers de personnes qui ont suivi les meetings du Front de Gauche, sur place ou par internet, le fossé béant qui sépare la représentation médiatique de la réalité. Encore une brèche par laquelle s'engouffre la pensée critique, autonome et libérée qui est le vrai moteur de la révolution citoyenne qui est en marche.
Pour ces quinze derniers jours le système médiatique a tourné ses batteries vers nos positions. La canonnade a commencé. Elle va s'intensifier. Les arguments se renouvellent peu. L'attaque à la mode, c'est "si Mélenchon est au deuxième tour la gauche a perdu". Faux bien sûr, mais je remarque d'abord que les sondages n'en sont pas encore là. Par contre nous sommes en train d'y doubler Le Pen. Sur ce point, notez que les commentateurs restent muets comme des carpes. C'est pourtant un bouleversement politique majeur. En vérité, c'est justement ce tournant qui leur pose un problème. En agitant la menace d'un Mélenchon au second tour ils croient avoir trouvé l'épouvantail qui nous ramènera à la quatrième place et restaurera leur diable de confort FN. Mais ce faisant ils nous rendent un fier service. Les voilà qui installent eux-mêmes dans le paysage un scénario auquel nous avons toujours cru mais dont ils ricanaient hier encore. Poussé par ses propres forces puis aidé par ses adversaires, le Front de Gauche est devenu une alternative de direction pour le pays. Les derniers jours de campagne vont valoir des mois voire des années.

Rendez-vous sur le blog de Jean-Luc Mélenchon


En Charente-Maritime nous finirons cette campagne avec un meeting à Rochefort vendredi 20 avril. Rendez-vous tous au Palais des Congrès, salle Colbert à 18h30. Nous aurons la participation de Jacques Chabalier, membre de l'exécutif national du Parti Communiste Français, Delphine Beauvois, secrétaire nationale du Parti de Gauche, Stéphanie Treillet, porte parole de Convergences & Alternative et Lucien Jallamion, secrétaire nationale de République et Socialisme.



dimanche 1 avril 2012

VOTEZ UTILE, VOTEZ POUR VOUS PAS POUR HOLLANDREOU !

Alors c'est quoi le risque, au juste ?
  • Celui d’un « 21 avril 2002 » avec une qualification du FN pour le deuxième tour au détriment d’une candidature de la Gauche ? Au nom de cette menace, on incite les électeurs à voter mécaniquement pour le PS dont ils ne veulent pas vraiment. En agissant ainsi, on entretien pourtant la colère sociale et le report sur le vote FN. C’est en fait un bon arrangement pour les partis de gouvernement, si sclérosés, et pour le FN. Cela arrange tout le monde et tient les mouvements populaires loin du pouvoir.
  • Pourtant, on sait que ce risque d’un « 21 avril » est clairement sans objet (voir ci-dessous) d’autant plus que la stratégie du Front de Gauche le porte à aller chercher les voix des abstentionnistes et à démolir la chimère lepeniste plus qu’à chasser sur les terres du PS.
  • l’argument mathématique : suivez la courbe, avant que HOLLANDE passe derrière LE PEN, MELENCHON serait déjà devant HOLLANDE et donc devant LE PEN : il est où le problème ? « les électeurs peuvent voter Mélenchon tranquilles : le score du candidat de gauche le mieux placé sera toujours supérieur à celui de LE PEN !

La conclusion est laissée aux sondeurs eux-mêmes : Gaël SLIMAN, directeur de BVA Opinion, « il prend des voix [au PS] au premier tour, J.L. MELENCHON, mais au second tour, ses reports [sur le PS] sont massifs, donc finalement, c’est un prêté pour un rendu ».

Bon ! et à qui profite le crime ?

Aux partis de gouvernement bien sûr : PS et UMP !.

  • Ils se partagent ainsi alternativement le pouvoir et ses richesses, ceux de l’ETAT (UMP aujourd’hui) et des Collectivités Territoriales (PS aujourd’hui)
  • Ils s‘appuient sur les médias de masse, qui leur renvoient ensuite l’ascenseur avec l’arme idéologique des sondages et de leurs fameuses « intentions de vote » « qui tendent à déterminer le résultat de l’élection avant même qu’elle ai eu lieu » pour mieux prendre le bon peuple en otage « attention au FN, votez utile ! »

Donc ils nous mentent, deux fois :

  • D’abord en nous endormant avec ce vrai faux danger FN. Ce que le PS veut, ce n’est pas du tout éviter le FN qui n’est pas un risque, c’est prendre des voix au Front De Gauche, qui devient un rival gênant.
  • Ensuite, en nous piégeant dans une fausse dichotomie « droite/gauche » pour mieux dissimuler une vraie complicité néolibérale unissant tant le FN, que l’UMP et les sociaux-démocrates du PS :, même combat au service du capital.

Le vote utile, si c’est voter pour le PS, alors c’est surtout utile pour le PS !

  • Aujourd’hui, le vote utile est un marché de dupe qui prive le peuple d’un choix réel. Il permet tranquillement au PS d’être élu et réélu par de braves gens qui ne se reconnaissent pas dans sa politique, mais acceptent de sacrifier leurs intérêts, leur vision du monde, pour faire barrage à un FN qui ne menace personne.
  • Aujourd’hui, voter utile, c’est « la léthargie démocratique, le coma citoyen. C’est l’espoir sacrifié sur l’autel de la peur. C’est le réflexe plutôt que la réflexion » - Alan Confesson sur Agoravox .fr -.
  • Aujourd’hui, la vraie Gauche, c’est nous, le Front de Gauche, pas le PS dont le GUARDIAN se félicite que « son projet ne contient aucune des mesures traditionnelles de la Gauche. »

Aujourd’hui la vraie Gauche, c’est nous, c’est le Front de Gauche

Cessez de craindre le père Fouettard du PS, venez nous rejoindre.

et votez Jean-Luc Mélenchon pour faire appliquer vos idées


Pour en savoir plus cliquez :

Le vote utile dégonflé par les mathématiques !

Contre le vote utile, plaidoyer pour les idées

Hollande, le vote inutile ?

Mélenchon au second tour grâce à Hollande, c’est possible