mercredi 23 mars 2011

Jours ordinaires dans une France Nationale

Quand le Front National attire tant de Français, il est bon de réaliser ce que notre pays est en train de devenir. Vivre, c'est résister et c'est au quotidien qu'il faut résister à cette banalisation du mal, à cette soumission à l'esprit du moment qui rend nombre de nos concitoyens complices de ces ignominies devenues quotidiennes. Certains résistent, ils sont l'honneur de notre époque.

Un témoignage sur ce qui se passe en France aujourd'hui à lire et à faire lire.

Communiqué de presse du 17 mars 2011
Par la diffusion de ce témoignage, le Syndicat de la Médecine Générale soutient ouvertement l’initiative d’un de ses membres, le Dr Didier Ménard.

N’être



Amel est une jeune mère de famille, elle élève avec son mari deux charmantes petites filles. Lui travaille comme ouvrier, elle reste à la maison pour s'occuper du dernier né de trois mois. Leur séjour en France est totalement légal : ils disposent d'une carte de séjours de dix ans. A la cité des Francs-Moisins, à Saint-Denis, où ils habitent, tout cela est relativement habituel, du moins on pourrait le croire, car cette famille vit en fait un cauchemar : leur nourrisson est un « touriste de passage pour 3 mois ».

Amel est enceinte de sept mois quand elle doit partir en urgence en Algérie au chevet de sa mère gravement malade. Elle ne sait pas que ce voyage la conduira dans un monde kafkaïen. Elle accouche prématurément en Algérie à sept mois. Après cet épisode difficile à vivre, elle a hâte de rentrer auprès de sa famille. Hélas, la loi française ne le permet pas. Son enfant étant né à l'étranger, elle ne peut le ramener directement. Elle doit attendre un visa provisoire pour l'enfant, si elle veut revoir ses filles. Sinon, elle doit entamer une procédure de rapprochement familial. Amel s'effondre. Elle vit une dépression. Il faut absolument rentrer. Son mari et ses enfants lui manquent. Elle choisit le visa. Le retour à la maison ne résout pas le problème, loin s'en faut : une cascade de difficultés l'attend. La préfecture lui signifie qu'au terme du visa, elle doit retourner en Algérie et demander pour l'enfant le regroupement familial, ce qui peut prendre beaucoup de temps. En France, le bébé n'a aucun droit, même pas celui d'être rattaché à la Sécurité sociale de son papa, puisqu'il y est en séjour provisoire.

C'est cette situation qu'Amel me raconte un soir de janvier, quand elle m'amène le bébé qui a de la fièvre. Je le soigne et, bien forcé par la situation, je rédige l'ordonnance au nom de sa grande sœur en espérant que le pharmacien ne tiquera pas trop sur la posologie inadaptée.

Et je m'indigne ! Comment cela est-il possible ? Cet enfant a un papa qui travaille, qui cotise à la Sécurité sociale, qui a des droits. Je me renseigne auprès des personnes connaissant mieux que moi ces situations : eh bien, non, cet enfant n'a pas de droit, car il a eu le tort de naître où il ne fallait pas. Nous faisons le « forcing » à la CPAM du 93 pour procurer une couverture sociale à ce bébé car, si par malheur il devait être hospitalisé, le coût serait rédhibitoire. Il faut du temps et de la pugnacité, mais heureusement, nous y arrivons, car aujourd'hui, l'enfant est hospitalisé pour une infection des voies respiratoires. Mais cela ne change pas la situation du bébé qui va bientôt être clandestin, puisque tout le monde conseille à Amel, même les institutions sociales, de ne pas retourner en Algérie.

De toute façon l'état psychologique d'Amel ne le permet pas, état psychologique encore plus aggravé par la décision de la Caisse d'Allocation Familiale, qui demande le remboursement de la prime de naissance (eh oui, il y a là suspicion de fraude !) et qui, pour être certaine d'être remboursée, supprime le versement des autres prestations. Nous supposons que, comme d'habitude, quand il y a un problème déclaratif ou autre, la CAF suspend toutes les allocations, fait son enquête, et prend sa décision. On remarquera qu'habituellement, en vertu des principes constitutionnels, il faut d'abord faire l'instruction avant de prononcer le jugement, mais pour la CAF, les principes constitutionnels sont accessoires ! Outre que la suppression arbitraire des prestations auxquelles elle a droit enfonce un peu plus cette famille dans la précarité, la violence institutionnelle qu’elle traduit projette Amel et les siens dans l’incompréhension et la détresse.

Comment en est-on arrivé là ? Dans quel monde vivons-nous, pour fabriquer des bébés clandestins ? Quelle faute Amel a-t-elle commise pour être autant punie ?

Je voudrais connaître celle ou celui qui au consulat de France a refusé de délivrer les papiers à cette jeune mère de famille. Il ou elle a appliqué la loi, me dira-t-on. Quelle loi ? Celle qui est écrite sur le fronton de son bâtiment : liberté, égalité, fraternité ou celle d'un Etat français redevenu ouvertement xénophobe. Je voudrais comprendre ce qui se passe dans la tête de tous ces acteurs de la préfecture qui, au nom de la France, perdent leur humanité. Les lois et les règlements ne cessent de brimer les étrangers. La France a-t-elle si peur qu’elle doive craindre la venue sur son territoire d'un nourrisson de trois mois ? Voit-elle en lui un possible perturbateur de l'ordre public ?

Comment peut on oublier à ce point les missions et les valeurs de la protection sociale, pour que la CAF se conduise de cette manière, est-ce le poison de la suspicion face à la fraude qui provoque ce comportement d'exclusion ?

Que puis-je dire à cette famille ? Que ce monde est devenu fou, de cette folie qui conduit à ne plus savoir faire la part des choses. Que la loi fixe les conditions de la vie en société, mais qu'elle n'est jamais à l'abri de devenir stupide et ignoble dans son application. Que la citoyenneté que les hommes et les femmes politiques prétendent défendre n'existe pas pour un bébé né de parents maghrébins.

La loi que nous allons appliquer pour cet enfant, c'est la loi de la cité, celle qui est faite de solidarité, de soutien, d'amour et de fraternité. Et nous allons nous mobiliser pour rendre à ce bébé ses droits, pour que son arrivée dans la vie ne soit pas à jamais marquée par la culpabilité d'être né où il ne fallait pas.

Docteur Didier Ménard
Médecin généraliste à la cité des Francs-Moisins à Saint-Denis

mardi 22 mars 2011

Au deuxième tour, il faut battre la droite.



RASSEMBLEMENT DE LA GAUCHE AU DEUXIÈME TOUR DES ÉLECTIONS CANTONALES 

Rassemblés au sein du Front de Gauche, nous avons mené une campagne de combat contre la politique de la droite, ses régressions sociales et ses contre-réformes. Nous remercions les électrices et les électeurs qui ont porté leurs suffrages sur nos candidats de la gauche offensive.

La montée du Front National dans toute la France, comme dans notre département, ainsi que le fort taux d’abstention sont les deux caractéristiques inquiétantes de ce scrutin. Que cela n’occulte pas la cinglante défaite de la droite et de N. Sarkozy. Le rejet de la politique du gouvernement est massif dans le pays. Le Président a joué avec le feu en attisant la division des Français et en jouant sur les peurs, c’est lui le principal artisan du résultat de l’extrême droite. Le Front de Gauche est en première ligne pour combattre les idées xénophobes et réactionnaires portées par le Front national et honteusement banalisées par la majorité présidentielle. Il ne suffit pas d’appeler à la conscience de nos concitoyens pour repousser l’extrême droite, il faut surtout leur proposer une alternative politique cohérente en rupture avec le système actuel.

Le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche et la Gauche Unitaire, rassemblés au sein du Front de Gauche, sont devenus la deuxième composante politique de gauche de notre pays.

Aujourd’hui en Charente-Maritime, l’enjeu est de sanctionner la droite et D. Bussereau, ex ministre de N. Sarkozy. Il est urgent de changer la politique du département afin d’améliorer le quotidien de nos concitoyens. C’est pourquoi nous appelons toutes les forces de gauche à se rassembler derrière les candidates et candidats de gauche arrivés en tête au premier tour et à faire basculer le Conseil Général à gauche.

Le Parti Communiste Français et le Parti de Gauche de la Charente-Maritime.

dimanche 20 mars 2011

En campagne à la campagne avec le printemps qui arrive




Le printemps arrive sur notre campagne et nous avons du mal à résister au plaisir d'accrocher une fleur de camélia à notre boutonnière.











On aura donc parcouru tout le canton jusqu'à ses
frontières naturelles comme le Coran.




Comment résister au plaisir d'accrocher une de nos affiches dans un cadre de verdure à ce point en harmonie avec notre état d'esprit.






Quand en plus nos électeurs nous offrent une telle profusion de nains de jardins qui profitent des premiers rayons du soleil de Saintonge, on fait la pause et on prend le temps de s'imprégner  du bonheur qui parcourt notre pays saintongeais.



Il ne reste qu'à convaincre les nouveaux venus que le mimosa n'est pas réservé aux rives de la Méditerranée. Mais chut... si tout cela venait à se savoir, notre tranquillité viendrait à en souffrir.

vendredi 18 mars 2011

Samedi 19 mars, à la Récluse...


Samedi après-midi (14h30), dans le cadre de la journée Saintonge-Palestine,
j'ai le plaisir de vous convier à la projection de mon film
"Chatila, les femmes et les enfants...".

C'est un film que j'ai fait en deux voyages à Beyrouth, le premier avec Jean-Yves, pour témoigner de la condition de vie des Palestiniens réfugiés dans ce camp de terrible mémoire (le massacre de Sabra et Chatila en 1982, perpétré sous l'œil bienveillant de l'armée israélienne dirigée par un certain Sharon) et faire en sorte que l'on oublie pas que les camps, Chatila et une douzaine d'autres au Liban, existent depuis 1948, que l'ONU a voté cette même année une résolution -jamais appliquée- qui donne aux Palestiniens le droit au retour et à des dédommagements.

Il y aura une discussion après la projection, puis plusieurs interventions, une vente d'objets palestiniens, un autre film...

Ça se passe là : Salle de la Récluse, 58 Rue Rabelais, 17100 Saintes


Venez, faites circuler l'information, amenez votre famille, vos voisins, vos amis...
Nous vous y accueillerons avec plaisir !

Denys Piningre (06 75 60 86 88 - ledenys@orange.fr)

Campagne à la campagne, bientôt le verdict des urnes...





Désormais quasi routine : aller de village en village, repérer les hameaux sur le plan, qui ont toujours des noms rigolos, c'est souvent "chez untel", "chez truc", "chez machin", parfois leur nom ne figure même pas sur la carte, parfois il s'agit de 6 maisons, ou moins...

Mais la conscience politique passe par là : aller de porte en porte, de boîte en boîte, vérifier que nos affiches collent encore sur les panneaux, en coller là où "ça ne va pas gêner", résister à en coller à des endroits bien voyants, mais un peu interdits...


Puis arrêter l'auto, descendre, prendre la colle dans le coffre, une affiche de plus, et hop... se réjouir parce que le panneau est dans un endroit tellement incongru que personne d'autre (les autres colleurs pour les autres candidats) ne l'a repéré...

Et ça continue, remonter en voiture, faire la causette avec une vieille dame ici, un monsieur au travail sur sa clôture là-bas, affronter tous les chiens très méchants qui aboient follement à notre approche, les pauvres bêtes parquées toute la journée derrière des grilles, et qui essaient désespérément (et vainement, ouf...) de sauter par-dessus pour justifier de leur fonction : "chien méchant"... Une pensée pour nos amis les facteurs (et "le petit facteur" aussi) qui chaque jour côtoient ces zoos privés, peuplés de dogues, bergers, setters...

Il y a aussi les réunions du soir : aller chercher la clef en mairie, afficher sur la porte pour que le public s'y retrouve, sortir les chaises, disposer la table du candidat face au public... qui vient parfois, un peu, ou qui ne vient pas...

Enfin exposer le programme du PG, dire encore et encore que cette campagne est politique, qu'elle préfigure les présidentielles et législatives de l'an prochain, critiquer la réforme des collectivités, dénoncer la destruction massive des services publics, montrer du doigt les dépenses inutiles ou pire, abusives de l'actuel Conseil général...

Dire aussi ce qu'il faut faire, "on le sait, on sait le faire"...

Parler, répondre aux questions, la partie la plus sympa de l'affaire...

Puis boire un coup (public ou pas, on n'est pas des bêtes, nous...) puis plier les gaules, et reprendre le chemin de la ville...
Et demain, ça recommence, la fleur au bec, le sourire, les petits chemins qui parfois ne mènent nulle part, les rêves de score à deux chiffres... et si on passait au premier tour devant Europe Écologie-Les Verts, ou mieux, devant le PS...

Bon, il est temps d'aller dormir !

Et quoi qu'il arrive, au soir du premier tour, celles et ceux qui auront fait campagne se retrouveront chez notre candidat, pour faire le bilan, apprécier les résultats (ou s'en lamenter) et se mettre au point pour la suite, jusqu'au second tour... autour d'une table bien garnie !

Objectif à atteindre : Busserau dehors, dehors la droite...

Et se reposer un peu, et réfléchir à la suite... alliances, stratégies, comment faire pour qu'enfin toutes les forces de la "vraie" gauche abordent la suite ensemble, surmontent leurs petites différences, leurs plans de carrière perso, comprennent enfin qu'il n'y a pas d'autre voie que l'union, à gauche du PS...

Encore un effort, on va y arriver, on n'en est pas si loin !


le petit rapporteur, D.P.