dimanche 19 décembre 2010

Lettre à Politis

Abonné à Politis depuis quelques mois, c’est avec une curiosité quasi morbide que je me jette chaque semaine (après l’édito de D. Sieffert, je l’avoue) sur la chronique (humoristique ?) de Sébastien Fontenelle. Je suis effectivement totalement fasciné par la détestation qu’il voue à Jean Luc Mélenchon et qu’il exprime quasiment chaque semaine d’une manière plus ou moins appuyée (le petit renvoi de la semaine dernière était un peu léger). Et c’est vrai que je me sens frustré les semaines où il se laisse aller à cogner sur un Frédéric Lefebvre ou un Strauss-Kanien bon teint plutôt que sur « l’inénarrable Mélenchon ». Je regrette de ne pas avoir une formation anthropologique, ou sociologique, ou psychanalytique pour pouvoir percer le mystère de cette réaction viscérale à tout propos du porte-parole du Parti de Gauche. Certes quand on est un « ex sénateur du parti socialiste » on ne peut-être que doublement « social-traitre » mais à contrario le fait d’avoir démissionné de ce confortable et rémunérateur fauteuil pourrait lui valoir quelques apriori plutôt favorables. Le fait d’expliciter plusieurs fois par semaine, sur son blog, les fondements de son engagement et ses prises de position, aussi bien au parlement européen que sur son action au quotidien pourrait faire entrevoir à Sébastien Fontenelle le peu de chemin qui sépare JLM de son facteur préféré, mais non. Rien n’y fait. Semaine après semaine, nous retrouvons sous un humour d’une modernité décoiffante (« pas vrai mon Raymond… ») cette petite pointe de venin à point distillée, qui vient décrédibiliser celui qui ambitionne, rien de moins, que d’unir l’ensemble de la gauche dite, mais certainement à tort aux yeux de monsieur Fontenelle, radicale. Certes, l’omni présence du leader du Parti de gauche dans les médias, sa faconde qu’il revendique populiste, certains de ses chevaux de bataille comme son républicanisme démocratique ou sa foi inébranlable dans une laïcité sans concession (moi aussi j’aime rire), son admiration et son attachement aux révolutions démocratiques des pays d’Amérique du sud et à leurs leaders, peuvent apparaitre archaïques, réformistes voir lénifiants aux yeux de ceux qui depuis 50 ans sont dans l’attente d’un grand soir et je peux comprendre qu’il n’est pas question « Qu’ils s’en aillent tous » avant qu’on les ait tous pendus ! Mais malgré tout, si même le représentant du Parti de gauche, et on peut donc certainement y associer ses partisans, ne sont pas assez radicalement radicaux, avec qui monsieur Fontenelle souhaite voir s’associer son petit groupe d’amis pour changer les choses de ce pays qu’il considère avec raison aller si mal?
A moins bien sur que son seul objectif soit de "faire de l’humour ".

Anick

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