mardi 10 mai 2011

ET SI TRENTE ANS APRES… LA GAUCHE GAGNAIT .




Le 10 Mai 1981, François Mitterrand était élu Président de la République.

Rappelez-vous, ce visage en pointillé, qui s’imprimait sur votre écran de télévision, à 20h, tenant en haleine tout un peuple  de gauche qui exulta à la vue de ce visage géométrique. Certains, ne croyant pas à la victoire de la gauche, pensaient que c’était le front de Giscard qui défilait à l’écran...Il y eut comme un moment de perplexité, puis l’espoir se transforma en une clameur, comme un souffle de libération. Le premier Président de Gauche, qu’on attendait depuis 23 ans, était enfin élu.
Ce 10 Mai 1981, même ceux qui étaient embarrassés par une Union de la Gauche qui incluait pour certains une frange restée stalinienne, pour d’autres une frange de socialos toujours traites…ont explosé de joie !
Ce 10 mai 1981 dont on fête les trente ans, fut pour nous tous un grand moment de fraternité.
Cet anniversaire à un an des présidentielles de 2012, nous oblige à faire le bilan de quatorze années de présidence socialiste, et de faire le bilan de dix ans de présidence de droite dont quatre de Sarkozy.
Beaucoup de questions restent posées :
Comment à trente ans de distance, en tirer des leçons ? Le pouvoir rose de 1981 représentait-il vraiment les aspirations de ce peuple avide de changement ?
Peut-on faire un parallèle entre le peuple de gauche de 1981 et celui d’aujourd’hui ? Peut-on évoquer un échec du socialisme au pouvoir ? L’esprit du 10 mai peut-il renaître ? Le peuple d’aujourd’hui est–il aussi impliqué qu’en 1981 ? Comment ne pas refaire les mêmes erreurs ?
Le bilan de 1981 du pouvoir socialiste nous laisse des questions trente ans après mais celui de Nicolas Sarkozy quatre ans après son arrivée est rejeté par 73 % des Français. Cela nous motive à trouver des solutions, une seule domine notre pensée : qu’il dégage rapidement afin de laisser la place à un vrai pouvoir de Gauche de Transformation Sociale qui combattra avant tout le pouvoir des actionnaires et des banquiers ! 
Comment à trente ans de distance, en tirer les leçons ? Le pouvoir rose de 1981 représentait–il vraiment les aspirations de ce peuple avide de changement ? 
François Mitterrand, l’unique président de Gauche sous la Vème République est arrivé au pouvoir parce qu’il a su avant tout unir la gauche.
Cette union de la gauche avait pour toile de fond, déjà la crise, beaucoup de revendications, face à un peuple saturé, fatigué de 23 ans de pouvoir de droite qui aspirait à une alternance évidente.
Giscard au pouvoir, était impopulaire. La route était tracée pour une victoire. C’était le moment. François Mitterrand l’avait compris.
Mais aujourd’hui, tout reste à faire. La gauche que nous voulons construire est en cours de route, dans le cadre du Front de Gauche. A un an des présidentielles, il n’y a pas d’union véritable à gauche.
La crise sociale s’est aggravée, les revendications niées par le pouvoir et souvent retenues par les syndicats. Il n’y a plus cette ferveur, il n’y a plus que de la méfiance.
Les dernières élections cantonales ont démontré la désaffection des électeurs et un vote grandissant de protestation de la classe ouvrière se portant pour une grande partie soit dans l’abstention, soit à l’extrème droite.
En 1981, une politique de gauche a été mise en place dès le mois de juin : abolition de la peine de mort, retraite à soixante ans,  nationalisations, création d’une fonction publique hospitalière, 5ème semaine de congés payés, les 39 heures, augmentation du SMIC de 10 % dès juin 1981, répondent sans conteste aux aspirations du peuple de gauche.
Mais le tournant de 1983, avec la politique de rigueur, la désillusion des travailleurs, se traduisit en premier lieu par des désaffections des adhésions syndicales.
Les licenciements massifs, les fermetures des usines comme  Péchiney, St-Gobain, la montée du chômage, le blocage des prix et salaires en 1982, plongèrent en plein désarroi l’ensemble du monde du travail.
Le pouvoir socialiste, pour certains, trahissait l’esprit de changement, la confiance du monde du travail. Peu à peu, les seuls qui voyaient leur situation améliorée était déjà les actionnaires. On a pu en voir les effets quelques années plus tard. 
Peut-on faire un parallèle entre le peuple de gauche de 1981 et celui d’aujourd’hui ? Peut-on évoquer un échec du socialisme au pouvoir ? L’esprit du 10 mai 1981 peut-il renaître ?
Aujourd’hui, ceux qui combattent la droite au pouvoir sont nombreux, le parti socialiste représente toujours une partie du peuple de gauche. Mais, pour beaucoup d’entre nous, la condamnation de la société capitaliste en tant que système n’est pas assez évidente. En conséquence, le monde du travail a perdu confiance, en grande partie face à la pratique politique du parti socialiste qui ne combat pas d’une manière ferme le capitalisme et ses ravages.
L’esprit du 10 mai 1981 peut renaître si nous arrivons à construire une union à gauche assez forte pour construire le changement véritable, en dénonçant tout d’abord la politique du gouvernement sarkozyste au service du patronat et des plus riches, et en établissant un programme véritablement applicable dès la prise de pouvoir en 2012. On doit convaincre tout de suite. 
Le peuple d’aujourd’hui est–il aussi impliqué qu’en 1981 ? Comment ne pas faire les mêmes erreurs ? 
La crise financière a montré l’impasse du libéralisme. La gauche de 2012 doit incarner la colère et l’espoir des masses laborieuses, des jeunes, des retraités, de l’ensemble des salariés.
Certaines décisions majeures engageant l’avenir de la société doivent être prises et discutées avec l’ensemble de la gauche afin d’impliquer les électeurs de gauche. La désertion civique est forte. La domination de l’argent est active. Les idées xénophobes se développent. 
Le besoin de solidarité est immense. En 1981, nous voulions changer la vie. En 2012, nous voulons toujours construire une gauche solidaire, unie dans la perspective d’une révolution citoyenne.
En 1981, la gauche devait rompre avec le capitalisme, elle a rompu avec le socialisme à compter de 1983. Ne recommençons pas les mêmes erreurs, combattons l’oligarchie au pouvoir dès maintenant.
Dans une clarté totale, construisons une gauche unie citoyenne  Dépassons les divergences, construisons en Charente-Maritime la révolution citoyenne de la gauche dans le cadre du Front de Gauche qui doit s’élargir sans tarder.

Brigitte Borgnet

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