Le coup d’état a bien eu lieu les 21 et 28 février, avec la complicité active ou passive de la grande majorité des députés et des sénateurs français. Le Parlement et le Sénat ont adopté le mécanisme européen de stabilité (MES). La droite a massivement voté pour, mais il faut noter 55 députés UMP non-votants sur 305. Le Parti Socialiste s’est très majoritairement abstenu, à l’exception des 47 députés sur 197 qui n’ont pas jugé utile de participer au vote et des 20 député(e)s courageux qui ont voté contre, ainsi que 3 sénateurs (on pouvait espérer beaucoup mieux avec un Sénat majoritairement à gauche !).
Évidemment, tous les députés et sénateurs du Front de Gauche ont émis un vote négatif.
Les chiens de garde médiatiques du système politique et économique dominant ont largement oublié de nous informer de cet événement majeur qui aurait pourtant bien mérité un référendum populaire. Il faut se livrer à une véritable enquête policière pour trouver et recouper les renseignements qui mènent à la conclusion de cette mascarade démocratique ! comme si une chape de honte avait recouvert notre pays…
En Charente-Maritime, la participation de nos 5 députés est tristement significative de l’état de décrépitude de la représentation parlementaire, à une exception près qui sauve l’honneur :
- Mrs Dominique Bussereau, Jean-Louis Léonard et Didier Quentin de l’UMP ont voté « pour »,
- M. Maxime Bono, Socialiste, n’a pas participé au vote,
- Mme Catherine Quéré a voté « contre », comme 19 autres député(e)s du Groupe Socialiste, Radical, Citoyen et divers Gauche, soit 10% des 197 élus du Groupe !
Merci Madame, vous honorez notre département de Charente-Maritime. Vous votez en votre âme et conscience et ne vous soumettez pas à une discipline de « godillot ». Et vous savez rendre compte à vos électeurs, ce qui est devenu très rare.
Message de Catherine Quéré aux citoyens qui l’avaient interpellée avant le 21 février :
Pourquoi j'ai voté non au traité de Mécanisme Européen de stabilité.
Mardi 21 février, les députés ont dû se prononcer sur le projet de loi de ratification du traité du mécanisme européen de stabilité. Ce dispositif, les socialistes derrière François Hollande le refusent car nous le considérons avant tout comme un projet imposé aux citoyens par la droite européenne.
La stabilité ne peut pas être synonyme d'austérité : François Hollande a pris l'engagement de renégocier ce traité. Parce que si les socialistes sont profondément attachés à l'idée d'Europe et solidaires des autres pays de l'Union Européenne, nous sommes également persuadés que l'austérité n'est pas une réponse satisfaisante à la crise. Le traité voté le 21 février par la droite et voulu par le gouvernement n'est pas sans contrepartie. Il ne l'est pas en terme d'engagements budgétaires pour la France et il ne l'est pas également parce qu'il est conditionné par la ratification du traité conclu entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui impose la transposition de la règle d'or dans le droit des Etats sollicitant l'aide européenne. Non seulement l'austérité ne peut être la condition de la solidarité mais elle n'est pas non plus gage de stabilité.
En 2008, j'avais fait le choix de voter contre le traité de Lisbonne parce que je considérais que les citoyens français ne pouvaient être écartés de ce débat. L'Europe ne doit pas se départir de son idéal démocratique et ma conviction demeure que la démocratie doit être au coeur de nos préoccupations européennes.
Pour toutes ces raisons, je me suis prononcée contre le traité de mécanisme Européen de stabilité lors du vote à l'Assemblée Nationale. Je suis favorable à un dispositif durable de stabilisation de la zone euro mais qui doit se faire en privilégiant la croissance et l'emploi, qui doit déterminer un nouveau rôle pour la BCE et qui doit véritablement associer les peuples européens.
Catherine Quéré
Députée de Charente-Maritime
Réponse d’un citoyen à ce message :
Bonjour Madame,
Je vous sais gré de votre message et encore plus de votre vote et de ses motivations. Je connaissais aussi votre vote de 2008 contre le traité de Lisbonne et j'apprécie beaucoup vos convictions sur l'exercice de la démocratie, qui devraient être partagées par tous les élus du peuple, de droite comme de gauche.
Je trouve d'ailleurs regrettable que vous ayez été seulement 20 député(e)s de votre groupe politique sur 197 à voter contre le traité du mécanisme européen de stabilité, pendant que 130 autres se contentaient de s'abstenir et que 47 élus ne participaient même pas à un vote aussi important.
En règle générale, les élus socialistes seraient bien avisés de se rapprocher de leurs partenaires de gauche, plutôt que de se compromettre avec la droite, au niveau national et européen.
Veuillez agréer, Madame, mes sincères salutations.
Gérald Ben Abed 17460 Thénac
Voilà ce que devrait être la démocratie française !
Oui, il est grand temps que vienne la révolution citoyenne et la VIème République !

MES : Nouvelle capitulation du PS au Sénat
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