Le système institutionnel français est fondé sur la séparation des pouvoirs : le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire. La justice est un des piliers de l'Etat. Elle veille à l'application des lois et au respect de chacun. L'indépendance des magistrats est une règle. J'entends toujours ces premières règles résonner dans ma tête, trente ans après les avoir apprises sur les bancs de la faculté de Droit d'Aix en Provence.
Nous sommes à présent en 2011, sous le règne de Sarkozy, qui n'aime pas semble-t-il les contre-pouvoirs ou les pouvoirs autres que les siens.
Après la réforme judiciaire, après le projet de supprimer les juges d'instructions, après le recul des recrutements sans précédent des CIP, conseillers d'insertion et de probation, Sarkozy dessine une justice à sa guise : suppressions de tribunaux, défense tronquée par absence d'instruction à charge et décharge, conseillers d'insertion et de probation diminuant chaque année. Manque de moyens évident en termes de suivi médical, d'insertion, et de travail en amont avant la libération des condamnés. Même si le budget de la justice a été augmenté il n'en reste pas moins qu'au classement du budget annuel alloué au système judiciaire par habitant, la FRANCE est classée 37ème sur 43 pays. Alors que la Suisse alloue par habitant 140,5 euros, la France alloue à l'ensemble des tribunaux, au ministère public et à l'aide judiciaire : 57,7 euros !
Une fronde sans précédent s'élève dans tous les tribunaux de France et de Navarre, contre les propos tenus par Sarkozy, suite à la monstrueuse affaire "Laetitia". Les magistrats craquent les uns après les autres face à la nouvelle provocation de SARKO. Le Président de la République est sensé garantir l'indépendance des juges. Les magistrats mendient les moyens d’exercer leurs responsabilités depuis des années même sous les gouvernements de gauche, mais jamais ils n'ont été humiliés de la sorte.
Sarkozy est entré en campagne et pratique de manière forte la politique de la peur. Il profite d'un sordide fait divers, fait appel aux émotions, joue du populisme d'état en matière pénale. En prônant à chaque nouvelle affaire une nouvelle loi, il désorganise le fonctionnement des tribunaux. Les magistrats doivent appliquer la loi. Si parfois il y a dysfonctionnement, c'est par manque de moyens. 65% des français, approuvent la colère des magistrats. La politique de communication de SARKOZY, ne fonctionne plus.
La colère des magistrats est unanime: Assemblées Générales dans trois tribunaux sur quatre. Jeudi, 10 février, journée de mobilisation nationale! Le mouvement risque de gagner le sommet du système judiciaire, la Cour de Cassation qui menace de se faire entendre.
La politique de Sarkozy est désastreuse dans tous les domaines. Il est le casseur du secteur public! Il joue à la politique de la peur, qui marche bien en période pré-électorale. Il cherche à capter l’attention du peuple par l’émotion en face d'un meurtre horrible.
Sarkozy se trompe en accusant les magistrats. Alors que l'enquête n'est pas terminée, il accuse de manière irresponsable le corps des magistrat et ces derniers mènent une fronde sans précèdent. Du jamais vu, ils refusent de servir une cause et se placent en défenseurs de la République et de notre démocratie attaquée sur ses bases, la séparation des pouvoirs. Sarkozy se met au service de Marine le Pen qui se ressource. Celle-ci est en embuscade, prête à agir.
Les prochaines échéances sont très importantes. Les cantonales doivent assurer un succès maximum au Front de Gauche qui dénonce sans relâche la casse du Service Public et ses conséquences désastreuses pour nos concitoyens. La réforme judiciaire a touché toutes les régions. Elle a pour conséquence une désorganisation de la justice. Elle doit être rendue dans la sérénité avec les moyens dont elle a besoin.
C'est cela la véritable démocratie. La révolution citoyenne est en marche...
Sarkozy dégage !
Brigitte Borgnet.
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